Madame X.

Mercure de France, 1992.

 

 

« Dans la pénombre, donc,  à pas de louve et évitant de faire sonner ses talons sur les marches, elle avançait sûre et souveraine, sans trébucher, sans jamais heurter le moindre siège, l’air de dire, déjà, qu’elle ne faisait que passer. Madame X. allait toujours au même endroit, tout en haut du cinéma, à ce deuxième balcon couronné de sept loges, où elle occupait la loge du milieu. C’était la plus vaste et la plus confortable, avec ses trois fauteuils et ses deux strapontins. Madame X. prenait place dans le fauteuil du milieu.

La loge devait rester vide jusqu’à son arrivée et si, par ignorance, un quidam venait à s’y installer, les habitués l’en chassaient bien vite avec cette phrase qui en étonna plus d’un : La place est réservée à une dame. »