Michel de Maule, 1987.

 

 

Habibi

 

« Le grand jeu de toute leur histoire venait de commencer : un précipité d’héroïsme romantique mais  aussi un marché de dupes. L’un comme l’autre avaient besoin d’obstacles et de défis pour exciter la vertu de l’amour – cet amour auquel l’un et l’autre avaient tant de mal à se plier.

Ariel, qui avait fait de l’exil et du bannissement une sorte d’esthétique vitale, savait cela mieux que Driss : plus la société leur ferait un décor hostile, plus le théâtre de leur passion se resserrerait.

Driss, lui, n’avait de cesse d’exalter leurs différences : c’est dans l’absolue et l’infinie distance qu’il adorerait Ariel. Dans la haine peut-être même un peu. "